La biofabrication est le prochain coup de force agricole du Canada

Episode 34 · July 15, 2026

John Rafferty, PDG d'Ontario Genomics, soutient que la combinaison du Canada — vastes terres agricoles, eau abondante et énergie propre — le positionne pour devenir non seulement une superpuissance agricole, mais aussi une superpuissance en biofabrication, s'il peut combler l'écart de capital dans la mise à l'échelle des infrastructures. Rafferty affirme que la génomique passe d'un domaine de recherche spécialisé au système d'exploitation d'une économie circulaire, où les intrants de biomasse des fermes canadiennes peuvent remplacer les plastiques dérivés du pétrole, les colorants alimentaires et les produits chimiques industriels. L'épisode est un appel à l'action pour les décideurs politiques, les agriculteurs et les investisseurs à traiter la biofabrication non pas comme un projet scientifique, mais comme la prochaine grande industrie d'exportation du Canada.

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John Rafferty

Aperçu

John Rafferty est arrivé à Ontario Genomics il y a quinze mois en tant qu'outsider autoproclamé — une carrière qui a traversé les services financiers, les télécommunications et le secteur caritatif — et il ne s'excuse pas pour ce point de vue. Dans cet épisode, Rafferty démêle les deux missions d'Ontario Genomics : la santé de précision d'un côté, et la biotechnologie alimentaire et industrielle de l'autre. Son argument central est que la génomique a passé vingt-cinq ans à générer de la recherche et se trouve maintenant à un point d'inflexion de commercialisation, où les dotations naturelles du Canada — terres, eau et énergie propre — le positionnent de manière unique pour mener un changement mondial passant d'une fabrication basée sur l'extraction à une biofabrication circulaire. Il encadre cela non pas comme un coup de génie, mais comme une obligation : environ soixante pour cent de tout ce que les humains consomment, soutient-il, peut être biofabriqué à partir d'intrants de biomasse agricole et retourné à la terre de manière véritablement circulaire.

Rafferty est direct sur l'endroit où se situe le goulot d'étranglement. L'Ontario, malgré le fait qu'il accueille la majorité des innovateurs en génomique du Canada et des talents de l'enseignement postsecondaire, manque de capacité accessible de mise à l'échelle en biofabrication à la gamme de mille litres dont les entreprises en démarrage ont besoin pour prouver leur économie unitaire. Les entreprises qui souhaitent produire des centaines de kilogrammes d'un édulcorant biofabriqué ou d'un colorant alimentaire — suffisamment pour démontrer la compétitivité des prix par rapport au sucre de base — sont actuellement forcées de se déplacer en Nouvelle-Écosse, en Saskatchewan ou dans un autre pays entièrement. Rafferty décrit cela comme un problème de capital, non pas un problème réglementaire, et il établit une analogie délibérée avec la transition vers les énergies renouvelables : tout comme l'énergie solaire et éolienne ont nécessité un investissement patient avant d'atteindre la parité des coûts avec les combustibles fossiles, les matériaux biofabriqués ont besoin de cette même piste de mise à l'échelle avant de pouvoir remplacer les plastiques et les produits chimiques à base de pétrole sur des bases commerciales.

Une deuxième tension traverse la conversation : le défi de communiquer dans un domaine où, comme le dit Rafferty, il y a un génome dans tout. Ontario Genomics travaille simultanément sur la santé microbienne des sols, l'agriculture cellulaire, les thérapeutiques pour les maladies rares, la bioremédiation de l'eau et l'innovation en ingrédients alimentaires — une ampleur qui risque de se dissoudre dans ce qu'il appelle parler de la paix mondiale. Sa solution proposée est de poursuivre d'abord les victoires au niveau du terrain : travailler directement avec des groupes d'agriculteurs pour diversifier les flux de revenus, démontrer que la biomasse cultivée au Canada peut fournir des ingrédients alimentaires actuellement importés à risque de chaîne d'approvisionnement, et laisser ces victoires concrètes construire le récit. Il soulève également directement le paradoxe de l'IA — reconnaissant que l'intelligence artificielle accélère l'analyse des données génomiques et les délais de commercialisation tout en portant simultanément une empreinte environnementale importante et troublante de son propre chef, une tension qu'il dit que la société n'a pas encore honnêtement affrontée.

Pour les auditeurs du secteur agroalimentaire canadien, cet épisode reformule une question familière — comment ajouter de la valeur à ce que nous cultivons? — à une bien plus grande échelle d'ambition. La vision de Rafferty est celle d'agriculteurs canadiens en tant que partenaires de matières premières dans une industrie nationale de biofabrication qui exporte des bioplastiques, des protéines et des ingrédients spécialisés de la même manière que le Canada a toujours exporté des céréales et des oléagineux, mais avec une valeur bien plus grande par acre. Sa demande politique est tout aussi concrète : un réseau national d'installations de mise à l'échelle, un financement basé sur les défis lié à des objectifs spécifiques de substitution aux importations, et des mandats réglementaires avec des dates précises — le type de signal politique qui a transformé l'électricité renouvelable d'une expérience en une industrie. Que le Canada choisisse d'agir sur ces actifs ou continue d'envoyer de la biomasse brute à travers les frontières est, selon Rafferty, une question de volonté politique, non pas de capacité scientifique.

Thèmes clés

  • Biofabrication
  • Économie circulaire
  • Commercialisation de la génomique
  • Infrastructure de mise à l'échelle
  • Superpuissances agricoles
  • Santé microbienne des sols